tu vois
rien d’extraordinaire
rien ici
je ne sais comment ré-organiser ré-agencer les mots pour qu’ils se laissent écrire
tu vois je ne trouve rien
je ne sais plus
comme une peur de laisser tout couler tout rouler & dérouler
si j’ai le malheur de lire je me retrouve encore à effleurer d’autres mots qui ne me suivent pas plus
mais je lis
et je dois lire encore
encore & encore
pas assez de lectures pour poursuivre
j’écris pourtant
mais les mots se perdent s’effacent disparaissent
je ne retrouve plus le fil
ça se détisse se tord & se tait
j’écris à l’encre invisible – même de moi
j’écris noir sur noir (ou blanc sur blanc comme tu préfères)
ça m’agace si tu savais
si tu voyais tous ces mots suspendus ces brouillons sans sens
