à ne pas cesser de cogiter.
à portée de mes yeux quelques bouquins pas encore lus, commencés, usuels et autres outils livresques.
une photographe d’une chapellerie, où je ne suis jamais allée, mais souvenirs d’un café parisien un samedi matin avec un poète..
trouve que, in fine, suis plutôt chanceuse.
cogito
lettres vers l’inconnu
je n’ai jamais fait de longs voyages vers des contrées inconnues
je rêve de désert, d’être Saint-Ex rencontrant le Petit Prince
au mur, face à moi, le calendrier illustré de ce cher Antoine..
« j’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître »
le mois de juin est celui de l’envol du Petit Prince vers ces ailleurs..
et je reste là..
juste à rêver que je m’envole
(que je m’enfuis peut-être..)
(non, pas une fuite)
découvrir, oui
explorer
aussi
assise là, je m’envole vers d’autres rêves,
je suis par delà mes montagnes,
je guette le soleil couchant..
et je rêve..
les oiseaux chantent au tout petit matin
et ça m’enchante..
et je rêve..
parfois, je prends la route,
sans essuie-glace..
je me fraie un passage, entre les gouttes,
je devine le ruban gris,
perle la pluie et file le bitume..
un peu à l’image de ce qui fuit ici,
sous mes doigts,
à l’ombre d’un clavier ou d’un platane
je n’écris pas, j’écrase les mots
envie de les tuer dans l’œuf parfois
oh.. je sais bien qu’ils n’en font qu’à leur tête,
qu’ils se posent là et me laissent éreintée
mais après tout, peu importe
je ne devrais pas revenir sans cesse sur ce qui m’écrit
il me faut laisser faire les ricochets au fond de l’eau
les voir s’évanouir à la surface
peu importe
sur une de mes étagères, un « jeu des mondes »,
« L’Aleph » aussi (pas commencé encore.. je sais, ce n’est pas sérieux d’oublier là l’alpha..)
peu importe
autour de mon bureau tout tourne
tout tourne autour du livre, du lir&ecrire et c’est ce qui me tient
je l’ai encore vu/vérifié/approuvé à la foire aux livres de ce samedi..
cher premier samedi du mois de juin à octobre..
ma place
c’est ma place là
là
quel infiniment petit plaisir que quelqu’un trouve à lire, son livre, LE livre
on ne reviendra pas là-dessus
(ou peut-être encore..)
peu importe son « physique » – de papier ou livrel,
ne compte que ce qui s’écrit
(non ?)
et oui, de vrais trésors de papiers monsieur le Roi des Editeurs,
mais il me semble que vous les oubliez non .. ?
oui, de vrais, doux & jolis trésors numériques..
(aïe.. il nous faut absolument trouver un autre mot..
pourquoi cette ségrégation d’ailleurs ?!)
ne compte que ce qui s’écrit
et ce sont les lecteurs qui le (d)(l)isent
(mes mots s’en mêlent, mes mots s’emmêlent,
et alors ?!
je ne fais que les suivre, et c’est déjà beaucoup,
si vous saviez comme ils me prennent..
et me comprennent..)
en écoutant Da Silva
qui de lire ou d’écrire
qui de lire ou d’écrire à commencer le premier à me chatouiller ?
lire sans doute
et aujourd’hui, parfois, j’évite de lire – parce que ça me donne non seulement envie de lire d’autres mots encore mais aussi parce que je crains aussi d’avoir à écrire -
et crains aussi de trouver que ce que j’ai envie d’écrire l’est déjà – par un autre.
ça m’est arrivé une fois. comme un plagiat par anticipation. j’étais sur une histoire et je me suis retrouvée face à un livre papier où le personnage ressemblait au mien, pensait comme le mien, une même histoire.. ce qui l’a différencié ? la fin que je n’imaginais pas encore, mais pas ainsi. et son édition.
je ne le souhaite à personne. « ça coupe la chique ». et l’envie d’écrire s’éteint.
(je me relis et trouve que l’envie d’écrire se fait plus tenace. presque agaçant – je ne peux trouver autant de temps qu’il faudrait.. pour l’instant, je contiens. tenir avec. avec quoi ?)
(revenons au « qui de lire ou.. »)
j’ai d’abord découvert les lettres et les mots. rapidement transformé en lire.
(voyez je lisais les souvenirs de lectures « chocs » de Franck Queyraud et je n’ai de cesse de penser à ces Contes & légendes de Carthage, de Byzance.. voyage..
et puis.. ce Poney rouge..)
premiers souvenirs de lectures.. quelque chose dont j’aimerais me souvenir encore longtemps..
mais mes premiers souvenirs d’écriture ? hormis nos étiquettes de mots en cours primaire.. mes rédactions ? (il faudrait que je remette la main dessus tiens..)
j’ignore comment ça m’est venu.. et ça m’embête..
il me faudrait aussi retrouver mes premiers carnets.
je me souviens avoir voulu participer à un concours de nouvelles que la bibliothèque relayait. sur une feuille de journal, 12 dessins qui nous permettait d’écrire une histoire en réarrangeant les illustrations.
il y avait tant de possibilité d’histoires en seulement 12 dessins que je n’en ai écris aucune.
à croire que j’ai quelques freins.
ou qu’il est difficile de choisir qui de l’un ou de l’autre l’emportera..
ou qu’il s’agit de tout autre chose tout aussi futile d’ailleurs.
je ne me souviens pas. et alors ?
passons ailleurs. au salon. à table. à son bureau.
un rocking chair !
(si mon projet prend chair, je m’offre le rocking’
me fais penser à mère Abigaïl..
j’aime cette sonorité..
Abigaïl..
3 petites notes de musique qui s’étirent, flottent et se fondent.
froid.. j’ai froid et ça ne fait rien. il semble bien que ce froid m’accueille. s’étirent les mots. colères. et silence. corps du silence. éveil.
me revoici à écrire dans tous les sens. à revenir en arrière. à ne corriger qu’un espace.
un espace. c’est déjà beaucoup.
alors ?! qui de lire ou d’écrire ai-je commencé en premier ? vous le savez, vous ?
(obsession : j’aime vraiment ce qui se créé quelque part, là, pas si loin, pas loin – dans un jardin)

antre
parée de noir/nuit je m’assieds là et guette les étoiles qui ne paraissent pas
je n’attends plus et je file
je tisse des mots qui s’emmêlent, se mêlent et glissent
[en un soupir] (2)
voyages dans mes souvenirs..
à rouvrir un portefeuille que j’utilisais il y a quelque temps..
comme autrefois je retrouvais des tickets de métro parisien.. ce soir à retrouver la carte d’une librairie de livres anciens, de vieux papiers et parfois de chiffons..
se souvenir alors de ses premiers jeux, au hasard du vide dans le grenier.. tel coffre ou chariot à roulettes.. tel gobelet de dinettes te ramène à hier et aux boums..
Jamiroquai
ramène en arrière.. me découvre « post-punk ».. mince alors
j’en reviens à mon portefeuille..
à ces bouquinistes parisiens sur les quais arpentés par tant de promeneurs, de collectionneurs de vieux polars, du classique à coquilles typographiques..
je trouve que le vieux livre sent bon les souvenirs de lecture (et je vous écris cela depuis mon téléphone tactile – mon « outil à écrire », mon « crayon » est sensible.. – l’outil change-t-il le façonnage ?)
je reviendrai à mon portefeuille et à ses souvenirs peut-être..
avant-hier, j’ai rencontré des lecteurs gourmands à la foire aux livres et j’adore ça
(ma « vie du jour » en 2 phrases 3 lignes n’a pas tenu une semaine – j’aurais du le savoir)
voyage autour de mon bureau 1
(oui, je sais, il existe déjà « voyage autour de ma chambre », je n’ai rien inventé, d’ailleurs je ne suis pas ici pour cela, pas à inventer, je suis là pour sortir quelques mots qui me tiennent, voilà tout)
(et mon bureau – pourquoi ? – dans mes vieux jours, j’aimerais en garder une trace)
j’aime être assise devant mon secrétaire, celui que je tiens de ma grand-mère
tout autour de moi des livres & des papiers, des photographies de mes enfants,
ma tasse à café posée, fidèle, sur mon bureau
des pots à crayons, des range-papiers (ou des vide-papiers, c’est selon)
mon bic et ma plume, une gomme et du scotch,
des carnets, mes carnets (noirs, à spirale, couverture bleue transparente..)
par la fenêtre ciel bleu nuages filants gris un rouge orangé filtré
la nuit ne s’est pas encore posée
dans l’un de mes tiroirs des revues m’attendent sagement patiemment
je ne le suis pas – si peu de temps
de ces crayons, de ces livres & papiers, je pense aux chats
me souviens alors..
à Vesoul vivait une vieille dame qui prenait soin de tous les chats errants..
écrivait-elle ?
je me pose à nouveau
je tente de trouver ce qu’il manquerait..
un bouquet de marguerites..

j’aime vos mots..