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côté cour, côté jardin & ..

au bord de mon pays

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j’étais assise là, à ma fenêtre, happer par le jour levant
au bord de mon pays
je rêvais de chemins buissonniers
de ceux qui m’emmèneraient rêver

me suis sentie apaisée
malgré la pluie,
malgré ce froid estival
ou La Superbe
ou Les Bords de Mer..

(j’aime cette attente vers toi..
même si tu ne viens pas)

j’étais assise là, au soir.
même le gris des nuages m’importe peu.
j’aime.
ce que je vois.
mes souvenirs.

[soupirs]

m’inspire.

comme ces après-midi à échanger autour du #lir&crire,
ou ces piges qui deviennent prétexte, de plus en plus, à voir plus loin,
à oser plus..
et encore ces promenades entre les forêts..
douceur du temps qui passe,
les heures rêvent et m’égarent

..prendre le temps de.

j’aime mes sapins qui se détachent sur l’horizon
en leur cime présentant les nuages
- peu importe le gris ou le bleu du ciel

emportent

s’égaye le ciel couchant

incorrigible romantique..
et alors ?!
..je suis comme je suis..

ne compte que
ça me laisse écrire
par pour toi, pour Lui ou..

me laisse dans l’écrire

et ça me va.

parfois je lis

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Poème de Michel Butor : « Hublots interplanétaires« 
Pour Anne Walker

Les ténèbres de l’espace
s’irisent à notre approche
d’algues et de filaments
où se dessinent des astres
dont certains sont habités
d’animaux inattendus
dans des forêts déroutantes

Parfois l’on croit reconnaître
des espèces disparues
sur notre propre planète
allosaures stégosaures
même l’archéoptéryx
au milieu des sigillaires
et des lépidodendrons

Comme si le temps s’était
décalé tout est plus jeune
dans quelques millions d’années
peut-être on verra des hommes
avec campements villages
des villes des autoroutes
et des crises financières

Ou c’est qu’ils ont échappé
à ce qui les a détruits
chez nous peste ou météore
ils ont poursuivi leurs voies
en toute tranquillité
et les petits mammifères
n’ont pu se développer

Ici ce sont des insectes
géants qui règnent en maîtres
édifiant des termitières
de textiles et cristaux
les papillons communiquent
en inscrivant sur leurs ailes
de mouvants idéogrammes

Ils ont appris à chanter
mais dans un autre registre
que nous ne pouvons entendre
il nous faut des décodeurs
que nos informaticiens
s’efforcent de mettre au point
dans leurs usines volantes

Ce que nous cherchons en vain
depuis des siècles de quêtes
c’est une autre humanité
ayant connu nos problèmes
et les ayant résolus
mais la narquoise Nature
veut que nous trouvions tout seuls

(déniché sur http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=passeurs&page=16 )

#lignes 18

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tu vois
rien d’extraordinaire
rien ici
je ne sais comment ré-organiser ré-agencer les mots pour qu’ils se laissent écrire
tu vois je ne trouve rien
je ne sais plus
comme une peur de laisser tout couler tout rouler & dérouler

si j’ai le malheur de lire je me retrouve encore à effleurer d’autres mots qui ne me suivent pas plus
mais je lis
et je dois lire encore
encore & encore
pas assez de lectures pour poursuivre

j’écris pourtant
mais les mots se perdent s’effacent disparaissent
je ne retrouve plus le fil
ça se détisse se tord & se tait
j’écris à l’encre invisible – même de moi
j’écris noir sur noir (ou blanc sur blanc comme tu préfères)

ça m’agace si tu savais
si tu voyais tous ces mots suspendus ces brouillons sans sens

#lignes 17

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hier au soir me suis endormie sans avoir écrit
m’enfin. pas exactement.
j’avais écrit quelques heures auparavant
comme marchand de sable j’ai vu mieux
parce que les impressions d’inachevés laissent de mauvaises nuits
et le jour qui suit lasse
alors on écoule le temps
rien à faire (au moins essayer)
et alors rien ne vient, rien ne suit
qu’il est bon ce silence, ce soleil sans éblouir
juste laisser s’échapper ses couleurs
et tu laisses passer ce jour
tu le sais nécessaire et n’attends pas moins de ta nuit qui vient
arrive ce soir, cette nuit d’ici, volet clos nuit noire
et tout de nouveau bouillonne
et tu songes
tu écriras encore ailleurs
peu importe
ni où, ni quand
écrire

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