Babelibellus

côté cour, côté jardin & ..

#fenêtres 1

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je ne sais pas ce que j’ai avec ces fenêtres..
un fichu truc qui me laisse à rêver..
à observer le ciel.

je le préfère nuageux.
pas trop.
j’aime son crépuscule.
et son aube.

le ciel trop bleu ?
non.
trop délimité.
trop restreint.
(voilà.. ) uniforme. (c’est le mot juste)

j’aime ces nuages qui laisse la part belle à l’ailleurs
à un jour de promesses..
d’autres lendemains.

ce soir.. de ma fenêtre je vois
un croissant de lunes
mes sapins immuables
le soleil derrière mes montagnes
la nuit qui se faufile dans les jours qui voudraient rester
quelques nuages rosis bleuis. vagabonds.

vagabondent alors mes rêves..

lettres vers l’inconnu

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je n’ai jamais fait de longs voyages vers des contrées inconnues
je rêve de désert, d’être Saint-Ex rencontrant le Petit Prince
au mur, face à moi, le calendrier illustré de ce cher Antoine..
« j’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître »
le mois de juin est celui de l’envol du Petit Prince vers ces ailleurs..
et je reste là..
juste à rêver que je m’envole
(que je m’enfuis peut-être..)

(non, pas une fuite)
découvrir, oui
explorer
aussi
assise là, je m’envole vers d’autres rêves,
je suis par delà mes montagnes,
je guette le soleil couchant..
et je rêve..
les oiseaux chantent au tout petit matin
et ça m’enchante..
et je rêve..

parfois, je prends la route,
sans essuie-glace..
je me fraie un passage, entre les gouttes,
je devine le ruban gris,
perle la pluie et file le bitume..

un peu à l’image de ce qui fuit ici,
sous mes doigts,
à l’ombre d’un clavier ou d’un platane

je n’écris pas, j’écrase les mots
envie de les tuer dans l’œuf parfois
oh.. je sais bien qu’ils n’en font qu’à leur tête,
qu’ils se posent là et me laissent éreintée

mais après tout, peu importe
je ne devrais pas revenir sans cesse sur ce qui m’écrit
il me faut laisser faire les ricochets au fond de l’eau
les voir s’évanouir à la surface

peu importe
sur une de mes étagères, un « jeu des mondes »,
« L’Aleph » aussi (pas commencé encore.. je sais, ce n’est pas sérieux d’oublier là l’alpha..)

peu importe
autour de mon bureau tout tourne
tout tourne autour du livre, du lir&ecrire et c’est ce qui me tient
je l’ai encore vu/vérifié/approuvé à la foire aux livres de ce samedi..
cher premier samedi du mois de juin à octobre..
ma place
c’est ma place là

quel infiniment petit plaisir que quelqu’un trouve à lire, son livre, LE livre

on ne reviendra pas là-dessus
(ou peut-être encore..)
peu importe son « physique » – de papier ou livrel,
ne compte que ce qui s’écrit
(non ?)
et oui, de vrais trésors de papiers monsieur le Roi des Editeurs,
mais il me semble que vous les oubliez non .. ?
oui, de vrais, doux & jolis trésors numériques..
(aïe.. il nous faut absolument trouver un autre mot..
pourquoi cette ségrégation d’ailleurs ?!)

ne compte que ce qui s’écrit
et ce sont les lecteurs qui le (d)(l)isent

(mes mots s’en mêlent, mes mots s’emmêlent,
et alors ?!
je ne fais que les suivre, et c’est déjà beaucoup,
si vous saviez comme ils me prennent..

et me comprennent..)

 

en écoutant Da Silva

celui qu’il faut

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un seul de ces objets n’est pas de trop..

d’une longue absence

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d’une longue absence que je me suis tressée

tu vois, ce soir, j’ai enfin un antre
enfin un espace où je m’enferme
un lieu où je me retrouve
je crois bien que je n’étais pas grand chose avant cela

ce soir, je peux tisser entre les murs
tapisser de livres et de vastes pages blanches

j’ai rendu les clefs d’un chez moi sordide
j’ai rendu les clefs qui pesaient au fond de ma poche

aujourd’hui je peux sauter dans les flaques                          s’il pleuvait
aujourd’hui je peux faire de la luge                            s’il neigeait

il ne fait que froid et je peux me blottir chez moi
me conter quelques histoires

n’être que là                         dans cet antre                   à lire à écrire
..rêver..

à voir ceux qui passent

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je ne sais si c’est la saison ou le temps qui passe qui veut cela

(Junebug, Robert Francis)

22/08 (tardivement)
mes carnets et crayons deviennent trop petit pour écrire tout ce que j’ai à écrire.
à retrouver alors plus d’espace.

et ces tournesols ce soir à ma fenêtre
chez moi, à l’intérieur,
dans un vase minuscule

je suis revenue à Vesoul pour des souvenirs qui m’attendaient là-bas

retrouver le goût de
et savourer

d’une attente dans un couloir

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un couloir blanc, une chaise cassée qui reste avec le temps
un temps qui s’étire
et tout défile

détente..

la pause fait son effet et rentre dans la danse
il est souvent question de valse
« il faut un temps pour tout.. » prenons le
et revient alors « la valse à mille temps »
..
plus rien ne s’enchaîne, le temps se rattrape

j’ai évoqué dans cet après-midi mes chers cousins,
et, comme pour poursuivre, je suis tombée sur une photo d’enfance, de vacances estivales en bord de Saône..
notre grand-père était éclusier..
oui, avec des gueules-de-loup autour de la cabine de l’écluse
sur cette photographie au couleurs passées, mon cousin, ma mère et moi..
qui l’a prise ?

autre temps.. autre voyage..
aujourd’hui le temps était doux

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