Babelibellus

côté cour, côté jardin & ..

juste cela #55

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L
oublie
voudrait
oublier
dormir
et gommer certaines pages
au moins ce soir.
L
tourne en rond
n’aime pas ça.
peut-être le temps qui ne sait plus où il va.
fraîcheur estivale semblable aux pluies de l’automne.
a regarder par sa fenêtre L s’attend presque à voir les ocres, les feuilles dans le vent. son coeur tournoie sans fin.
une attente
semble interminable quelquefois.
au moins ce soir.
L
ne veut pas penser.
au moins ce soir.
pas à
Lui.
quand tout la ramène à..
peu importe les couleurs du ciel.
peu importe les heures.
..un dernier tour..
ne pas penser à.
pas ce soir.

..un dernier tour..
pour ce soir au moins

ce que je veux

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ce que je veux c’est te lire mais c’est tout autant t’écrire

lireécrire indissociable
j’aimerais comprendre pourquoi
pourquoi ça prend là et pas autrement
pourquoi ces vagues ces remous et ces riens
ce silence celui qui n’étouffe plus

mais ce que je veux c’est te lire savoir que, pendant quelques instants, tu n’es pas si loin
tout autant t’écrire pour me rapprocher, un peu, de toi

n’écrire parce que ce ne peut être qu’en ces instants

les titres du jour sont mauvais
la Libye changera
feuilleton judiciaire autour d’une amitié qui aurait existé – ou pas – sur fond de jalousie
(où résident les intérêts ?)
pas d’inquiètudes sur le nucléaire à avoir. tout va très bien madame la Marquise.
pendant ce temps-là on se demande quelque part s’il serait de bon ton de vendre les oeuvres d’art détenues par les musées français. libérons-les ! non ?
non. les libérations doivent se faire à un autre niveau.
libérons la culture. laissons-lui libre cours. laissons-là se promener dans les rues, rassurer de pouvoir en profiter.
libérons hommes, femmes et enfants de ce qui les empêchent d’être.
(tout ceci est bien évidement utopiste.)

du coq à l’âne.
peu importe.

parce que pendant ce temps-là, certains dorment. tranquilles. certains se réchauffent comme ils peuvent.
d’autres rêvent d’un jardin. futilité et désordre de l’humain.

tu vois, tu devrais m’écrire. que je te lise.

juste cela encore une fois

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encore là, même endroit, à rester là dans cette musique
de celle qui prend et ne lâche rien
tout retient

et tu pars.

ça s’éteint. et ravive combien..
tout éteint. de quoi devenir fou
tourner en rond (petit patapon)

on s’égare.

L rêve et tisse les nuages
tresse quelque rien puis se tait
personne ne saura

lasse.. las.. laisse.
et fond cette bruine
s’efface..
au loin, une ombre

ce n’était que l’ombre d’un vent feuillu

ai du oublier

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(en écoutant l’album Meds – même pas rock’n roll..)

j’ai du oublier (me fait mal aux yeux cet infinitif, là..) en chemin ce que je voulais écrire une fois assise où je suis maintenant.
j’ai du oublier et ça m’ennuie – un peu, ça m’indiffère tout autant, parce que si je ne m’en souviens plus, c’est sans doute parce que ce ne pouvait être intéressant.

pourtant je me souviens qu’il s’agissait d’une grand-mère qui se fâchait – trop – sur ses petits-enfants – au parc. de la mienne qui appelait. on a bien rigolé.
j’aurais pu écrire aussi sur ses petites/ grandes trop vite, si vite.
comme il aurait pu être question d’éducation, de mes enfants et de quelque homme réparant sa voiture – sur qui un enfant de 4 ans aurait jeté une pierre – pour étudier la chute du corps ? cet homme, emporté, indigné par l’acte.
ce n’est qu’un enfant de 4 ans qui apprend monsieur. si la vitre ou votre tête avait été touchée, croyez bien que la maman aurait pris ses responsabilités.

j’ai oeuvré, aujourd’hui, pour écrire. la pige m’amuse beaucoup. parfois, j’y insère quelques curieuses notes – allez savoir pour quoi..

me retrouve là                           encore une fois                pas pour longtemps
je file                     défile
se perd le fil, m’a égarée

(et toi dont je n’attends aucun mot..
in the cold of morning.. en une soirée qui ne paraît pas grand chose..
je m’égare. je m’évade                           et disparaît..

et puis à n’écrire que dans l’urgence. déjà pouvoir faire le vide et n’être que là.
(oui, pour ne pas penser à toi aussi quand tout m’y rappelle.)

pfffffuittt

L hésite

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L est aujourd’hui connectée au monde
alors L se promène sur le net et pense « rencontre »
après tout, L pourrait tout aussi bien voir ce qu’il s’y passe
comme ça, en passant
comme témoin, L feuillettera des catalogues d’hommes de tout âge,
de toute situation, des petits et des grands,
des qui polaroïse leur photo – au moins on ne le reconnaîtra pas, c’est déjà ça
non
non, L ne veux pas rencontrer celui-là – « je veux devenir ami avec.. » – sûrement pas
- t’as vu son intérieur ?
L oui – non, ça donne pas envie
des qui ressemble trop à leur travail – trop costard, trop décontracte,
trop « t’as vu mes muscles » – pour qui se prend-il lui ? et quoi ? « je veux false avec.. »

(que veux dire « false » ? – no sabe. est-ce une censure qui tait son nom ?)

L. non décidément pas décidée. oui, L continue à feuilleter ces vies brèves, ces absences dans le regard,
le regard qui..
non. L se souvient de Lui.
dans ce regard. L ne pourra pas.
c’est mal vu – de retrouver un regard.
tant pis.
L aimait bien cette idée de « je veux regarder la lune avec.. »

« vous n’avez pas l’air d’être intéressé par.. ».
et ?
qui ? yeahman02 souhaite..
..
L soupire et s’arrête. interloqué (interloquer.. quel étrange son ce mot..)
ça l’amuse, à vrai dire, ce genre de catalogue.
ressemble trop à une gravure de mode. non merci. sans façon.
hop. pop. flop. rien ne se passe. rien.

alors L file ailleurs, tisser d’autres rêves – mais pas avec ceux là, c’est certain.

L imagine cette rose rouge, dans une flaque. sous la lune.

pour Lui aussi parfois

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à se relire quelquefois et se paraître un peu hors course hors tout hors..
rien. laisse tomber. ça ne sert pas de creuser.
et puis creuser où ? s’enterrer.
s’enfermer. ne plus rien voir du jour.
éteindre toute lumière. toute source extérieure.
les rendre muettes. aveugle aussi tant qu’à faire.

ohhhh.. tu vois bien que ça ne sert à rien. ça divague et la mer me rend amère.
ne m’évoque qu’un bateau en partance.
et toujours qui s’éloigne.
jamais ne revient.

te voilà au bord.
au bord de rien et ça fait beaucoup je trouve. oui. pour une seule et même personne.
non. pas de rab. merci.
un grand lit. vue sur cour. oui. avec les pigeons. ils ne dérangent pas.
au contraire, s’ils peuvent porter quelques mots. ce pourrait être rigolo.

m’étonne de cette capacité d’un texte à être dit. il me semble que tous ne peuvent l’être.
oui. tous ne peuvent lire non plus, à voix haute. de celle qui porte.
emporte oui (oui, d’un banal). disperse. se berce.

(écrit en écoutant

(hier soir, on m’a proposé de choisir la couleur d’une rose.. rose. évidemment.)
au moins, j’écoute de la musique. tout n’est pas perdu.

je me demande comment est-ce, l’extérieur, la lumière et tout. je me demande aussi ce que demain devient. et je n’en sais fichtre rien. et on s’en moque.
ne retiens rien. et. parfois. ça m’agace.

ou se vérifie l’affirmation : « à se relire quelquefois et se paraître un peu hors course hors tout hors.. »


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