Babelibellus

côté cour, côté jardin & ..

saisir le rêve

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le toucher du doigt. le prendre à bras-le-corps. le maintenir contre soi. comme un trésor.
pas d’une peur qu’il s’échappe. (on sait qu’on ne se laissera pas faire comme ça. on défendra. corps & armes. on l’a déjà défendu. becs & ongles. on recommencera. puisqu’il le faudra.)
le saisir. en une joie. en un sourire.
l’accueillir.
pas à le contraindre. à le laisser s’épanouir. saisir sa liberté. lui laisser tout son sens.
l’effleurer. pas à l’effleurer de crainte de l’effeuiller.
l’effleurer. pour savourer..

bon sang que c’est bon..

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  • Published: oct 18th, 2011
  • Category: Babel
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la Bible

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hier, en fin d’après-midi, un grand-père s’approche de moi et me tend la Bible.
« ça ne peut pas faire de mal ». certes.

j’ai essayé.
c’est définitivement non.

 

ce midi, dans la corbeille à papier de l’immeuble, des evangiles.
je n’ai pu me résigner à les voir disparaître.

 

 

pour. tout. vous. dire.

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pour tout
vous
dire

j’ai
quelques
appréhensions pour cette librairie..

publie.net

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#lire publie.net

le contemporain s'écrit numérique

il était temps que je vous invite à #lire chez Publie.net..
Publie.net, c’est :
() une coopérative d’auteurs pour la littérature numérique ;
(surtout) un foyer d’auteurs remarquables qui inventent, qui vous emportent dès les premiers mots ;
(avant tout) un espace libre, numérique qui vous donne et vous invite à #lire ;
(pour tous) de la littérature, des essais, des photographies, du polar, de la science-fiction, de la poésie, de la jeunesse.. de toutes les couleurs des mots ;
(aussi)  sur de nombreux supports (de l’ipad à votre ordinateur en passant par vos smartphones), multi-formats (epub, pdf, mp3..) et sans drm (!) ;
(aussi) par abonnement pour lecture en ligne et/ou téléchargement, ou au livrel, pour des sommes dérisoires (pour ne pas s’en priver) ;
(et aussi) 50% du prix de vente reversé à l’auteur (parce qu’il le vaut bien).

Publie.net est un espace à découvrir, à suivre, à #lire.
pour ma part, je lis les auteurs Publie.net depuis quelques années déjà, via leurs blogs. j’ai acheté des .pdf (moins de 5€) pour les retrouver sur mon ordi et mon MobiPocket – mais ce format (même si on peut agrandir/réduire la taille – pas négligeable..) ne me convient pas franchement. puis je me suis abonnée pour la lecture en ligne (je regrette juste de ne pas pouvoir télécharger les livres qui me tiennent vraiment.. j’aimerais une option..). l’avantage de la lecture en ligne ? pour quelques 6€ par mois, vous avez accès à tout le catalogue où que vous soyez (sur pc, ipad et smartphones), pour peu que vous ayez un accès à internet.
et.. me suis offert un ipad. gourmande que je suis de #lire et de pouvoir annoter mes lectures. la première chose que j’ai faite dessus ? me rendre sur iBooks Store pour retrouver les auteurs qui me sont chers. une recherche sur publienet, sur numeriklivres (dont je vous reparlerai) et.. banzaï. à moi de #lire comme bon me semble les auteurs dont j’aime la langue particulière (dans le désordre, morceaux choisis : Isabelle Pariente-Butterlin, Christine Jeanneyg@rp, Pierre Ménard, François Bon, Fred Griot, Daniel Bourrion, Arnaud Maïsetti – vous en reparlerai)
vous retrouverez ces auteurs, et bien d’autres encore, sur le web, sur Remue.net

ne vous reste qu’à #lire.

#ruebottin

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Bottin ? Bottin ?! Ai-je une gueule de Bottin ?! » s’est sans doute exclamé le Roi des Editeurs

de sa tour de papier il aurait tout aussi bien pu riposter et héler sœur Anne qui s’excuse de n’avoir rien vu venir.

le Roi des Editeurs s’autodétruira le 2 juillet, a-t-on pu lire sur le blog que n’a jamais tenu Nostradamus né trop tôt.

aujourd’hui, ce 15 juin. APPEL ! la rue Bottin se fait amputer de ses premiers numéros. le Roi des Editeurs creuse l’écart numérique.

nous avons à faire, nous autres lecteurs, ne nous pardonnez pas, nous n’en avons pas besoin. soit. prenez la rue. nous sommes déjà in the cloud. sans vous. nous lisons numérique et c’est la littérature qui se fait, sans vous.
et c’est tant mieux.

Je suis tombé parterre.. c’est la faute à.. lui aurait suggéré Gavroche dans son dernier souffle..

les liens à suivre :

rencontre avec Maryse Vuillermet

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Nous avons retrouvé Maryse Vuillermet dans le train du retour, à Paris, gare de Lyon, dimanche 17 janvier, après un samedi riche, aux 10 ans de Remue.net.

– D’où revenez-vous Maryse ?

Je reviens de Paris, un week-end riche ; d’abord le musée Des lettres et des manuscrits boulevard Saint-Germain et l’exposition Romain Gary, ses manuscrits,  ses réécritures, ses lettres ; c’est très touchant de se trouver au cœur d’un travail d’écriture. Et plus tard,  dans le week-end, ton ami nous a raconté que Romain Gary  avait acheté,  avant de se tirer une balle dans la tête, sa dernière robe de chambre rouge au magasin Aux  laines écossaises situé juste devant l’entrée du musée actuel. Il habitait Rue du Bac,  une rue que j’ai arpentée dans les deux sens samedi parce que je ne trouvais pas le musée. Marcher dans Paris est très troublant, on marche au milieu des fantômes des grands hommes qui ont vécu là, on passe devant le Flore, les deux magots, on est au milieu d’eux.

Après, j’ai assisté aux Dix ans de remue.net, un site de création littéraire que je visite depuis longtemps et je voulais voir en chair et en os tous ces écrivains que je lis.

J’ai été frappée de leur évidente complicité et camaraderie mais un peu jalouse, j’aurais voulu faire davantage partie de leur groupe.
- Où allez-vous ?

Je rentre à Lyon où j’enseigne à l’IUT de Lyon 1. J’enseigne l’expression-communication à des étudiants en informatique après avoir longtemps enseigné en lycée. Je suis également chercheuse en littérature dans l’équipe Passages de Lyon 2. Ma spécialité est la représentation du travail. Depuis ma thèse sur Claire Etcherelli, je cherche et examine les romans du XX° qui traitent de ce thème. Mes derniers coups de cœur sont Centrale de Elizabeth Fillol et Retour aux mots sauvages de Thierry Beinstingel que j’ai rencontré justement aux dix ans de remue. net. C’est un compagnon de route de ce groupe. Je participe aussi à une autre recherche en littérature jeunesse

– Que retenez-vous de cette semaine ?

Je retiens de ma semaine la chute de Ben Ali. J’ai enseigné trois ans en Algérie, j’ai beaucoup voyagé dans tout le Maghreb, j’ai beaucoup de respect et d’amitié pour ces peuples. Et encore la semaine dernière, les journalistes disaient qu’il n’y avait pas de relève,  pas d’opposition capable de  remplacer Ben Ali. Vendredi,  je n’ai pas eu d’informations et j’ai appris sa chute sur l’écran de la médiathèque Marguerire Duras, samedi, aux dix ans de remue.net.  Pendant toutes les lectures, sur l’écran,  on nous passait les sites ou blogs des écrivains, leurs photos… et à un moment donné,  on était sur le site du Monde.fr et la nouvelle m’est apparue.  Au début, j’ai cru à un canular et j’ai demandé à ma voisine,  elle m’a dit, oui, il est parti, il s’est enfui,  depuis hier. Ma joie était profonde.  Et je pense que tous les dictateurs finissent en exil ou tués, lynchés comme Mussolini et pourtant,  ils continuent,  ça ne leur sert jamais de leçon !

– Vous êtes présidente de la Cité du livre à St Claude, pour quoi ?

Je suis présidente d’une association qui essaye de faire vivre le livre en l’incarnant dans un lieu ; Saint-Claude a une longue histoire liée au livre, prestigieuse bibliothèque de l’Abbaye,   bibliothèques populaires,  bibliothèque de la Maison du Peuple. Et elle a un site géographique  remarquable décrit par tous les écrivains voyageurs. Aujourd’hui,  des rues se vident de leurs petits commerces, pourquoi ne pas faire comme à Cuisery ou à Bécherel,  utiliser ces boutiques, attirer des bouquinistes ou d’autres professionnels du livre. Nous avons  déjà créé des foires aux livres rue Mercière tout l’été  2010 et nous continuerons l’été prochain. Nous espérons  aider à l’ouverture prochaine d’une première bouquinerie. Et nous avons beaucoup d’autres idées et le soutien précieux de la municipalité.

– Quel est votre mot/ expression préféré ? Vos lectures du moment ?
Le livre qui vous a marqué ?

Mon mot préféré est rasséréner,  j’aime sa longueur un peu précieuse, ses sonorités répétitives et son sens rendre la sérénité perdue.

En ce moment, je relis Colette, on m’a offert à Noël,  le tome 4 de la Pléiade, je me nourris d’elle, je la lis  en dégustant, c’est un monde de sensations, de personnages de femmes fortes et libres,  bien reliées  au monde, terriennes,  épicuriennes, je me régale. J’ai découvert aussi récemment le poète Patrick Laupin, Des visages et des voix, une très  belle poésie puissante et fluide, un univers que j’aime, les damnés de la terre, ses parents éteint mineurs cévenols. Je l’ai rencontré  en atelier d’écriture, c’est aussi un homme d’une profonde simplicité et humanité.

Un autre livre m’a marqué cette année c’est celui d’Ahmed Kalouaz, Avec tes mains, un auteur Grenoblois qui a parlé  du silence des émigrés algériens, étrangers à la France,  à la langue et à leurs  propres enfants. Ils ont travaillé toute leur vie dans le silence.

– Vous vous rêviez écrivain petite ? Qu’est-ce qui vous a tournée vers les mots ?

Non, je ne me rêvais pas écrivain mais je lisais. Je lisais des histoires à mes deux sœurs dans le lit le soir, je lisais tous les livres de la bibliothèque de l’école de l’Essard, plus tard,  tous ceux de la bibliothèque du lycée de filles à Saint-Claude et adolescente, j’ai commencé à écrire pour moi et au lycée, n m’a dit que mes rédactions étaient bonnes et peu à peu, très lentement, quand j’étais étudiante, j’ai commencé à m’imaginer en écrivain,  surtout en écrivain  voyageur au début.

- J’ai noté que vous aviez toujours un carnet et un crayon dans votre sac. Et un livre ?

Oui, j’ai de quoi écrire mais si j’oublie mon carnet, j’écris sur des enveloppes, des notes de courses, des factures, n’importe où.

– Ecrivez-vous d’abord au crayon, des brouillons ? Ou plus directement sur votre ordinateur ?

J’écris un premier jet à la main  et parfois le plan et, ensuite, je passe à l’ordinateur et là, forcément, je réécris. Ensuite, à un  certain stade, je fais lire à des amis lecteurs ou écrivains, je tiens compte de leurs remarques. Je recorrige.

- Quand écrivez-vous ? Et où ?

J’écris surtout le matin, très tôt, il y a une heure de grâce pour moi, quand tout le monde dort encore et que moi, je vis intensément, assise à mon bureau, dans un autre monde.

– Passons (re-passons) à Remue. Sur Remue plus précisément, quels auteurs conseillez-vous ?

Je conseille François Bon, tout surtout Mécanique, Sylvie Gracia Un été de chien, et Beinstingel dont j’ai déjà parlé, Central, et Retour aux mots sauvages.

– Vous lisez numérique, pensez-vous que le livre imprimé est voué à disparaître, comme certains l’annoncent ?

Non, je ne laisse pas les livres imprimés. Rien n’a jamais tué le livre imprimé, ni la radio, ni la télévision,  ni l’ordinateur. Les deux formes vont coexister encore longtemps. J’apprécie la rapidité, le prix et la facilité  de création du livre numérique. J’aime beaucoup aussi toutes les expérimentations d’écritures collectives,  d’écriture sur blogs, tous les échanges que ça permet mais un beau livre est aussi un bel objet comme une poterie, comme un dessin, comme un tapis, un bijou, une fleur brodée…

– Et en guise de mots de la fin..

J’écris de plus en plus, et, en tant qu’enseignante et que chercheur,  j’ai toujours été plongée dans le monde du livre.  L’institution   du livre avec ses éditeurs, ses  librairies,  ses Salons, ses aides, ses associations, m’est familière mais j’aime surtout la passion que suscite les livres. J’y ai rencontré des hommes et des femmes habités, littéralement,  ardents et fiers, ne se décourageant jamais,   malgré le peu de reconnaissance qu’on leur accorde. L’écrivain n’est plus un solitaire, il aspire à partager  sa belle passion avec des ateliers d’écriture,  des lectures, des rencontres. L’écrivain  est dans la cité. Elle a besoin de lui.

ps : cette interview  paraît ce jour dans L’Indépendant.

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